Les levées de fonds sont un sujet qui anime régulièrement l’actualité des startups. Les médias tech et business sont friands de ce type d’informations, et les startups comptent beaucoup sur l’annonce de leur levée pour bénéficier de retombées presse conséquentes. Malgré ce que l’on pouvait craindre, la crise sanitaire n’a pas (tant) affecté les levées de fonds en 2020. Mais qui donc se cache derrière ces investisseurs au sein de la French Tech ? On vous explique tout !

Des investisseurs au rendez-vous malgré la crise sanitaire

Une croissance des montants apportés par les investisseurs en 2020

Après plusieurs années de forte hausse des investissements au sein de la French Tech, on pouvait craindre une chute en 2020. La crise sanitaire a en effet fortement impacté l’économie… Et bien pas du tout !

Les investisseurs ont bien été au rendez-vous en 2020. Cette année a été aussi bonne que 2019 en termes de levées de fonds. La croissance des startups, qui sont par essence très digitales, n’a pas été affectée par la crise. Certaines ont même vu leurs chiffres exploser grâce au télétravail !

Le nombre total de transactions est en baisse pour la première fois (620 opérations contre 736 en 2019, ce qui correspond à un retour au niveau de 2017). Cependant, le montant total des investissements a dépassé celui de l’an dernier. Ce sont près de 5,4 milliards d’euros qui ont été apportés par les investisseurs dans l’écosystème startup français en 2020. Cela représente une hausse de 300 millions d’euros sur un an.

Des opérations aux montants records

Les investisseurs se sont concentrés sur un nombre réduit de startups. Les élues ont donc bénéficié d’un volume global de fonds plus important que l’année passée. Cela se traduit par une augmentation des levées supérieures à 50 millions d’euros (21 contre 16 en 2019). Les levées de plus de 100 millions d’euros ont même doublé en un an (9 contre 4) !

Certaines opérations sortent nettement du lot. On peut citer par exemple la levée record de 400 millions d’euros de Voodoo, auprès du chinois Tencent. Ou encore celles de Mirakl (256 millions) et de la biotech Ynsect (224 millions).

Qui sont donc les investisseurs prêts à dépenser des millions d’euros en échange de titres de startups de la French Tech ?

Pitch de présentation d'un entrepreneur devant des investisseurs potentiels
Pitch d’un entrepreneur devant des investisseurs potentiels. Crédit : @seventyfour

Les différents types d’investisseurs lors d’une levée de fonds

Le Business Angel : un investisseur (bien) particulier

Le Business Angel (BA), ou « investisseur providentiel » (oui, ça sonne mieux en anglais) est un particulier qui investit en son nom propre. Il s’agit le plus souvent d’entrepreneurs qui ont eux-mêmes rencontré le succès. Ils investissent dans des startups prometteuses au fort potentiel de croissance.

Le Business Angel a l’avantage d’avoir une grosse expérience de l’entrepreneuriat. Il ou elle a généralement déjà connu des levées de fonds « de l’autre côté de la table ». Leur rôle en tant qu’investisseurs est précieux car il est compliqué d’obtenir des prêts bancaires lorsque la startup est encore loin d’être rentable. Les sommes investies par les business angels sont souvent moins élevées que celles des fonds d’investissement. Leurs « tickets » représentent souvent quelques centaines de milliers d’euros. Ces fonds peuvent donc apparaître plus accessibles que ceux des grosses structures (quoique…!).

La particularité des business angels est qu’ils peuvent être encore à la tête de leur entreprise. Ils peuvent aussi siéger au board de grosses entreprises. Voire les deux ! Leur carnet d’adresse peut être un atout indéniable pour la startup. Ils peuvent ouvrir certaines portes et permettre de rencontrer d’autres investisseurs potentiels.

Parmi les investisseurs business angels les plus réputés, on peut citer Catherine Barba (pionnère du e-commerce en France), Jacques-Antoine Granjon (fondateur de Veepee), Céline Lazorthes (fondatrice de Leetchi et Mangopay), Frédéric Mazzella (fondateur de Blablacar), Xavier Niel (fondateur de Free) ou encore Marc Simoncini (fondateur de Meetic).

Le Venture Capital : une machine à investir

Le Venture Capital (VC), ou « fonds de capital-risque » en français (on comprend pourquoi le terme anglais est préféré !) est l’autre acteur essentiel des levées de fonds. Ce type d’investisseurs consiste en un fonds financier dont les liquidités proviennent des apports de différents acteurs. Ces acteurs peuvent eux-mêmes être des investisseurs individuels.

Les VCs fonctionnent généralement toutes sur le même modèle. Ils prévoient de rester au capital de la startup pendant 3 à 7 ans, en pariant sur sa prise de valeur. Leur rémunération se fait sur la plus-value réalisée lors de la revente de leurs titres. Certaines plus-values peuvent être un vrai succès, compte tenu des fonds investis au départ.

Investir dans les startups en création ou en phase de développement est l’activité principale de ces fonds. Chaque année, ces investisseurs sélectionnent un nombre de startups où placer leur argent. Il s’agit d’un pari sur l’avenir, et le risque est réel. Les VCs peuvent ne pas arriver à revendre leurs titres dans le délai souhaité au départ. Dans le pire des cas, ils peuvent perdre leur mise de départ, en cas de faillite de la startup.

C’est pour cela que la sélection est drastique ! Les échanges et négociations entre avocats sont nombreux, et mettent du temps à aboutir. La relation contractuelle entre fondateurs et investisseurs se définit dans un pacte d’associés. Les VCs exigent souvent que les fondateurs s’assurent pour couvrir les risques liés à l’hypercroissance. Ces assurances sont généralement la Responsabilité des dirigeants, l’assurance Homme clé ou encore l’assurance Chômage du dirigeant.

Parmi les investisseurs VCs français, on peut citer Alven (Feed, Jobteaser, Qonto…), Elaïa (Easyrecrue, Mirakl, Talent.io…), Idinvest (Doctolib, Meero, Swile…) ou encore Kima (Aircall, Assurup, Luko, PayFit…).

N.B. : lors d’une levée de fonds, plusieurs VCs peuvent investir dans la même startup, donc les exemples précédents ne sont pas exclusifs pour chaque VC 🙂

Le Corporate Venture Capital : le relai financier des grands groupes

Un acteur moins connu de l’écosystème des levées de fonds, dont le rôle d’investisseur est néanmoins très important, est le Corporate Venture Capital (CVC). Il s’agit d’un fonds directement détenu par une ou plusieurs entreprises. Celles-ci créent des structures indépendantes de l’entreprise mère.

Les enjeux des CVCs ne sont pas les mêmes que ceux des VCs en tant qu’investisseurs. En effet, le Venture Capital n’a pas vocation à rester éternellement au capital de la startup. Le but est de créer de la valeur et de récupérer ses fonds au bout de quelques années. Pour une entreprise, la priorité n’est généralement pas la plus-value à la revente. La temporalité de l’investissement est différente.

En effet, la création de valeur se trouve ailleurs pour l’entreprise. Elle compte sur des synergies créées, des baisses de coûts, une meilleure R&D… C’est aussi un moyen de financer l’innovation, sans impliquer directement ses équipes. Et de bénéficier de ses retombées, sans prendre les mêmes risques en tant qu’investisseurs qu’en tant qu’acteurs directs.

Il peut aussi s’agir d’investissements « défensifs ». Mieux vaut ainsi investir dans une startup prometteuse et en faire une alliée… Plutôt que de craindre l’explosion d’un jeune acteur qui révolutionne et bouleverse son secteur d’activité !

A retenir

Si vous ne devez retenir qu’un seul élément sur les investisseurs, il s’agit du triptyque suivant : BA, VC, CVC. Les Business Angel, Venture Capital et Corporate Venture Capital sont en effet les trois principaux types d’investisseurs dans le cadre des levées de fonds.

Ces investisseurs deviennent alors les associés des fondateurs de la startup. De nouvelles relations naissent entre ces associés, et avec elles, des enjeux d’assurances professionnelles à ne surtout pas ignorer !