Burnout ou en français épuisement professionnel est un problème qui touche malheureusement de nombreux salariés. Depuis le début des années 90, la fréquence des problèmes de santé psychologique au travail augmente de façon alarmante. Dépression, troubles anxieux, stress post-traumatique… Les dirigeants d’entreprises doivent prendre conscience de ce risque !

Assurances santé et prévoyance en entreprise

La société a pris conscience de ce « syndrome d’épuisement professionnel» appelé burnout, avec les événements post crise économique mondiale des années 2007–2012, ayant fortement choqué l’opinion publique. 

La réduction des postes entrainant une augmentation des tâches assignées, mêlée à un rythme toujours plus soutenu pour faire entrer du CA et à un stress permanent, en est une première explication.  Malgré cette prise de conscience, les chiffres de ce mal du siècle restent néanmoins en augmentation continue ces dernières années, avec une progression de 10% par an entre 2011 et 2014, de 5% en 2015, 1% en 2016.

Selon la Haute Autorité de Santé (HAS), il est décrit comme un « épuisement physique, émotionnel et mental qui résulte d’un investissement prolongé dans des situations de travail exigeantes sur le plan émotionnel ».

Avec l’arrivée prédite par les économistes et les médias d’une très prochaine crise économique qui ridiculisera toutes les autres, le burnout fait partie des préoccupations majeures des entreprises en matière de santé au travail. Rester prévenant est essentiel.

Selon les dernières estimations de l’Assurance maladie, 10.000 cas d’affections psychiques ont été reconnus au titre des accidents du travail avec arrêt. Près de 600 cas ont même été reconnus en tant que maladie professionnelle en 2016 (contre 100 en 2010). «Si l’on retient également tous les accidents dont les circonstances décrites dans les déclarations d’accident du travail rédigées par l’employeur s’apparentent à celles de ces 10.000 cas sans pour autant se solder par des troubles psychosociaux, ce sont quelques 10.000 cas supplémentaires qu’il faut rajouter à ce décompte, soit au total près de 20.000 AT représentant 3,2% des accidents du travail», conclut le rapport de l’Assurance maladie. Les salariés du transport terrestre, du commerce de détail, de l’administration publique ou encore de l’hébergement médico-social représentent les secteurs les plus exposés. 

Selon une étude du cabinet Technologia publié en 2014, 3 millions d’actifs seraient en risque élevé de faire un burnout.

Comment prévenir le burnout ? 

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Le burnout peut couver pendant des mois, voire des années avant d’exploser, d’un seul coup. Les répercussions peuvent être potentiellement graves : amnésie passagère, arrêt maladie de longue durée, dépression, hospitalisation, crise de démence, arrêt cardiaque, suicide… Remonter la pente s’annonce alors comme un processus de reconstruction long et sinueux, avec un risque accru de rechute. La convalescence s’accompagne souvent d’un travail psychothérapeutique.

«Ces salariés déploient alors une énergie folle pour surcompenser ces décalages. S’ensuit une phase de déni, caractérisée par une forme de cynisme, d’irritabilité mais aussi de refus d’aide extérieure. L’effondrement psychique, et bien souvent physique aussi, constitue enfin le stade ultime où ces personnes n’ont littéralement plus de ressources, elles sont cramées, pour reprendre l’analogie avec le terme anglais.» Gaëtan Dallemagne, psychologue du travail.

Des périodes d’absence courtes mais répétées peuvent être le signe précurseur d’une certaine « fragilité ».

Les affections psychiques ont un fort impact sur les ressources humaines des entreprises. Ainsi, les durées moyennes d’arrêt de travail sont de 112 jours pour les affections psychiques reconnues en accident du travail, contre 65 jours en moyenne pour tous les accidents du travail confondus.

Les affections psychiques reconnues en maladie professionnelle ont des répercussions encore plus graves : les durées moyennes d’arrêt sont de 400 jours…Étude Santé travail enjeux & actions 2018, les affections psychiques

La Sécurité Sociale peut prendre en charge le burnout au titre de la dépression — car il n’est pas officiellement inscrit au tableau des maladies professionnelles reconnues par la Sécurité Sociale — mais une bonne complémentaire santé est indispensable pour y faire face sereinement en tant qu’employeur : pensez donc à mettre à disposition de vos salariés une complémentaire santé adaptée à tous leurs besoins.

“Aujourd’hui, il s’avère que ce n’est pas une maladie. C’est un ensemble de symptômes et, donc, c’est très difficile de décider que c’est une maladie professionnelle.” Agnès Buzyn, ministre de la Santé.

Pour aller plus loin

Des solutions managériales adaptées existent et ne manquent pas de nos jours, pour agir efficacement contre le risque de burnout de ses employés. Une véritable transformation dans la culture même de l’entreprise doit s’effectuer afin de permettre à ses salariés de s’épanouir au travail. Une plus grande flexibilité des horaires, une ouverture au télétravail, des bureaux partagés, l’ajout de sens dans les tâches effectuées, une bonne écoute et un suivi régulier sont autant de pistes à creuser.

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